Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 19:29

labyrinthe.jpgQuand j'imagine tout expliquer à mes proches, à mes amis, je n'arrive qu'à un mur, malgré la confiance que j'ai envers eux, malgré le fait que je sache qu'ils m'accepteront. J'ai beau tourner cela dans ma tête, la possibilité de leur en parler frôle le zero absolu, les mots refusent de sortir et j'ai eu envie d'écrire sur le "papier" la raison de ce blocage.

 

Premièrement, j'ai peur qu'ils trouvent réponse à toutes les questions qui n'en avaient pas, qu'ils comprennent trop vite tous ces moments où j'ai du lutter seule et qu'ils n'ont pu que regarder ça de loin sans pouvoir, à l'époque, comprendre ce qu'il se passait. Je ne veux pas qu'ils s'en veuillent, je ne veux pas qu'ils souffrent de ne pas avoir compris, quelque part d'avoir été aveugle à tout ça.
C'est sur que ma vie serait tellement plus facile s'ils comprenaient tout d'eux-même, s'il existait un moyen de leur dire la vérité sans leur parler, qu'ils réalisent par eux-même parce que je n'aurai moi, jamais le courage de leur avouer.
Il n'existe pas de tel moyen, les gens ne sont pas télépathes et quand bien même je laisserai des indices à ce sujet, personne n'est le centre du monde, si je suis seule avec cette histoire c'est entièrement ma responsabilité.

Alors oui, je ne veux pas non plus être responsable de la peine que cette révélation va causer, que les gens que j'aime se sentent coupable d'une chose dont je n'ai jamais eu le courage ou la force de faire.

J'ai lutté seule mais cela me convenait ainsi, je n'ai jamais espéré trouver du soutien ... jusqu'à récemment.
C'est parce que je n'arrive plus à le faire comme avant qu'aujourd'hui je me retrouve dans une telle situation, incapable de tout reveler, mais incapable de continuer.

 

La seconde raison, c'est ce regard qui va changer, on peut rêver du contraire, que tout continuera comme avant, mais c'est faux, ma meilleure amie ne me verra plus jamais de la même façon. On a beau dire "je suis toujours la même" et c'est d'ailleurs le cas, c'est une donnée trop importante pour que tout reste inchangé.
J'ai peur des futures questions, des explications à fournir là ou je n'avais pas à le faire avant.
Je m'accepte déjà très mal en tant que surdouée, j'ai déjà moi même beaucoup de chemin à faire pour réussir à penser que ma différence est une différence "d'intelligence", je n'ai jamais eu envie d'être différente dans ce sens.
Je ne veux pas qu'on me pense supérieure, je ne veux pas qu'on pense que tout ce que j'ai accompli jusqu'ici est uniquement du à ma douance, que les efforts que j'ai produit étaient "faciles" parce que j'ai des facilités.
Je ne veux pas qu'on me réduise à ce que je peux faire.

J'ai peur de ce que les gens pensent, et quand je lis les forums, les reactions des gens quand on leur annonce qu'on est surdoué, même quand c'est amené de façon humble, cette peur ne fait que grandir.
Les gens ne sont pas conditionnés pour accepter les surdoués, uniquement pour les craindre.

 

Enfin j'ai peur de mes propres capacités, si je revele ce que je suis à mes proches, j'ai envie de leur expliquer, comme je vous explique parfois ici, la façon dont je vis, ces "capacités" qui n'ont rien d'humain. Je ne me sens pas humaine, j'ai beau me renseigner un maximum, ce que je peux faire n'a rien d'humain. Même si je ne suis pas la seule a pouvoir le faire, même si on est nombreux, ce n'est pas ainsi qu'un humain doit être. Avoir ce pouvoir sur les gens, c'est une malédiction. Je n'ai jamais rien dit à personne, je n'ai jamais pu en parler, je cherche et j'attends cette personne qui pourra non pas me comprendre, mais simplement me parler.
Ce silence est entrain de me tuer.

 

Je m'excuse pour les idées noires, comme vous pouvez le constater la depression gagne du terrain et ma seule issue est de m'exprimer, alors comme il n'y a qu'ici ... mais ne vous inquietez pas, jamais o grand jamais, je ne ferai quoique ce soit. Je veux juste, au moins ici, exprimer ce que je ressens réellement.

Je ne peux vivre qu'à travers quelqu'un, la personne qui occupait cette place depuis de nombreuses années s'est éloigné de moi et depuis je suis un navire sans gouvernail. Il faut que je trouve quelqu'un d'autre, cela n'avait jamais été difficile auparavant mais là j'ignore pourquoi, je n'y arrive pas. Je dois me faire une raison, je dois trouver un nouveau pilier qui orientera ma façon de penser.
(cela n'a rien avoir avec de l'amour, ce sont des personnes différentes)

 

Pour mes proches je suis toujours au point mort, et plus que tout j'ai peur qu'ils disparaissent sans jamais savoir et sans jamais m'avoir connu réellement, alors il va bien falloir que je me décide.
Je pars au Japon dans quelques temps, j'espère y rencontrer des membres de Mensa, c'est un pays où, je pense, trouver des solutions pour moi. Je ne manquerais pas de vous le dire si c'est le cas.

 

J'ai toujours aimé la solitude, ce n'est pas ça qui m'effraie, c'est le silence.

Par Raven
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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 00:23

Dawn_Over_New_Zealand.jpg

Pourrait-on dire que l'école fut responsable de mon irrépressible envie de "normalité" ? Oui surement, je m'en suis rendue compte lors de mon année de troisième justement. Un déclic comme il en existe parfois, celui qui nous fait ouvrir les yeux, pour ma part ce fut un bête t-shirt porté par une fille dans mon école.

Depuis pas mal de temps je m'étais découverte une passion, un hobby que je gardais pour moi et mes copines car je ne voulais pas donner trop de munition à celles qui me cherchaient des ennuis. Mais cette fille là, dans la cours de l'école, arborait un t-shirt à l'effigie de ma passion, et cela m'a surpris qu'elle ose le porter sans avoir peur de la réaction des autres, elle assumait totalement.

 

A partir de cet instant, les choses se sont beaucoup mieux passées pour moi.

 

J'ai compris que je pouvais ignorer le regard des gens, ignorer les réflexions, en jouer même, moi qui n'avait fait que raser les murs pour éviter d'empirer les choses au point de m'en rendre malade, au point que mon propre corps refusait de vivre, j'ai enfin vu la manière dont je voulais/pouvait continuer.

Pour commencer, à l'âge de 16 ans je suis enfin sortie de chez moi, je suis parisienne et pourtant je n'étais encore jamais allée plus loin que ma rue, ma mère tenant particulièrement aux études, je suis restée d'une sagesse extrême a la maison. J'ai commencé à me rapprocher de personne qui avaient les même centre d'intérêt que moi, je me suis enfin fait des amis, des vrais, ceux en qui l'ont a confiance, ceux qui partagent vos sentiments, ceux qu'on appelle tous les soirs juste pour dire bonsoir.

 

J'ai changé d'école aussi, non pas que cela serve à grand chose, juste pour appuyer ce nouveau départ, je suis partie sans me retourner, sans un regard pour rien, bien sur rien n'a réellement changé, mais cette fois je savais pourquoi on me regardait en bête curieuse et c'était bien moins douloureux qu'avant. Néanmoins bien qu'un noyau d'irréductible continuait à vouloir me chercher des poux, un autre groupe de personne s'est formé, celui des admirateurs.

 

Avoir du charisme je continue de penser sans détour alambiqué que c'est une malédiction plutôt qu'une bénédiction, c'est ce truc qui rend le plus banal des mouvements, la plus anodine action en parole sacrée, bien sur ça continue de faire enrager les fortes têtes, mais surtout, ça force le respect de la majorité. Donc bien que mes ennuis scolaires ne soient pas tout à fait terminés, ma vie c'est considérablement adoucie, l'apogée étant l'année de ma terminale.
Parallèlement, pour la première fois de ma vie, je brille également par les notes, je deviens première en math en terminale scientifique, on me dit que je peux faire ce que je désire de ma vie.

 

Je me suis également trouvée une véritable amie, un petit ami aussi, le conte de fée pourrait s'arrêter ici, ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps (cela dit passant c'est un peu vrai, 12 an plus tard à part mon alliance, nous restons les même)

 

Pour clore ce double chapitre sur ma scolarité j'ignore si la douance fut le début de tout, c'est tellement facile de rejeter la faute sur autre chose que soi-même. Ce charisme qui existe en moi en est plus probablement la cause, la douance l'a-t-il créé ? Je me rappelle un souvenir par rapport à cela, je devais avoir 11/12 ans, en vacances avec mes parents, il y avait ce groupe de fille (oui les groupes de filles m'adorent lol) elles faisaient leur loi comme tant d'autres. Comme je venais d'arriver, elles sont venues me parler, on a un peu trainé ensemble.
J'étais dans ma période garçon manquée, je vivais en solitaire déjà, plutôt échaudée par la vie sociale des enfants de mon âge, ça n'a pas échappée à mes nouvelles "amies" qui sont venues me demander de choisir, soit je les suivais partout, soit je ne faisais pas partie de leur "groupe".
Leur réaction m'avait choquée, elles avaient "besoin" de moi, j'étais un trophée a ramener, elle me voulait et j'avoue que sur le coup ma seule réaction fut de les envoyer promener (je préférais la pèche :)

 

J'ai d'autres épisode où, éloignée du cercle scolaire, je devenais leader de quelque chose, je parlais des épisodes en colonie où j'ai pas mal dégustée aussi, cela n'a pas duré, les dernières années, sans que je parvienne à me rappeler comment, il y avait toujours des gens pour me suivre.

Vous verrez que par la suite, avec le temps, cela ne va faire que s'aggraver.


Pour moi, ce charisme est complètement lié à la douance, je veux qu'il y ait une raison à cela, je ne veux pas que ce soit juste moi, c'est malsain sinon.

Je n'ai pas parlé des professeurs car hormis deux exceptions, aucun n'a fait particulièrement attention à ce qui se passait, j'ai été une élève parmi d'autres, solitaire certes, mais rien de grave. Je n'ai jamais parlé à mes parents de la situation non plus, quelque part ils faisaient parti de ce monde qui était contre moi, je leur en voulais de ne pas m'aider, mais c'est un truc a moi ça, faut toujours que j'en veuille aux gens de ne pas m'aider quand ça va vraiment mal alors qu'en premier lieu, je ne dis rien. Moi qui remarque chaque détail de la vie des gens, j'ai toujours souhaité qu'on fasse de même avec moi. On rêve tous de ce moment; quand ça va pas bien, d'une main tendue sans qu'on demande rien. (et je sais aussi que c'est trop demandé)

 

L'école m'aura appris le cynisme surtout il faudra encore attendre quelques temps avant que j'envisage que ma différence soit liée à la douance. A cette époque, je me sens originale, de par ma passion en premier lieu, ensuite parce que je me sens comme une "suiveuse", mes années à ramper on fait de moi quelqu'un qui suit les autres, qui fait comme les autres veulent, je n'ai plus de volonté propre. Bref je pense être comme les gens me décrivent, quelque part à force de brimades on finit par y croire sans s'en rendre compte.

Lors de mon « déclic » j’ai commencé à vouloir arrêter de vivre pour les autres, j’ai voulu dire « non » mais cela ne s’est pas très bien passé. Inconsciemment j’avais rendu mes amies très proches dépendantes de ma passivité, à force d’utiliser mon empathie pour combler le moindre de leur désir, d’être là à chaque instant, d’anticiper leurs problèmes, je ne pouvais plus faire marcher arrière. C’était ça le départ sans se retourner, j’ai lâché mes amies comme jamais sans que cela ne me pose le moindre problème, celles dont j’étais le plus proche ne me l’ont probablement jamais pardonné. Celles qui étaient moins intoxiquées, comme je l’ai écris dans la première partie, sont restées en contact après ce moment de blanc qui a duré quelques années.

 

Une chose est sure, pendant toutes ces années, personne n’a jamais soupçonné la moindre douance à mon sujet. Je suis restée dans la moyenne de la classe tout ce temps (ou plus bas).

 

Par Raven
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 12:21

bully

Comme ces derniers temps je pense faire une dépression (oui pas de changement depuis le dernier billet) je pense qu'il est temps de chercher une solution. Un psy n'était pas possible parce que j'en connais aucun et que je ne pense pas en trouver qui me convienne, ce blog fera très bien l'affaire.

 

Par où commencer alors ? Et bien par le commencement, parfois quand je tente de me rappeler de très vieux souvenirs, je m'aperçois souvent d'un détail qui n'apparaissait pas avant, c'est souvent instructif, je suppose que c'est précisément le principe de l'exercice.

Alors voilà, il était une fois moi:

 

Je suis née dans une famille malheureuse, je pense que c'est le cas de nombreuse personne parce qu'une famille heureuse n'existe pas, il y a toujours dans notre vie des faits profondément douloureux tout comme il y en a des joyeux. Mais j'avoue qu'en cette année 1982 les choses étaient vraiment au fond du trou pour ma mère, son père venait de s'immoler par le feu probablement par regret sur l'enfer qu'il avait infligé à ses 14 enfants.

Néanmoins j'étais très attendue, petite fille après deux garçons, j'ai eu droit à ce qu'on pouvait rêver de mieux pour une enfant, grande chambre, jouet, amour des parents, je n'avais pas de grands-parents à proprement parler mais une marraine comme dans les contes de fée.

 

Déjà petite je demandais beaucoup d'attention, je pense que ce trait de caractère est né à cause de mes deux turbulents frères que l'on devait constamment surveiller. Comme ils étaient plus grands de 5 ans, j'ai également toujours œuvré pour me hisser à leur niveau, j'ai donc supplié qu'on m'envoi à l'école à l'âge de 2 ans (ce qui était possible à l'époque)

De ces années je me rappelle des détails amusants, par exemple quand j'ai appris à faire un triangle, c'est banal mais je me souviens du moment exact, de la sensation que cela m'a fait de comprendre comment trois traits formaient cette forme si particulière (pour faire des robes de princesse dans les dessins :D )
Je me souviens aussi d'un exercice de musique que j'ai raté, des cours de danse classique après l'école (mes parents ayant eu à cœur de m'inculquer le sport et la musique).

 

Me suis-je sentie "spéciale" à un moment ? Non pas si jeune, et du coté des autres enfants rien ne m'était apparu comme tel, il faudra attendre ma dernière année de maternelle, en début d'après-midi, on nous a demandé un exercice simple, il fallait colorier un œuf. Voilà c'était tout, je ne me souviens pas qu'on nous ait donné plus de détails et pourtant, à l'époque, j'ai compris un truc, ceux qui le coloriaient sans dépasser seraient considérés comme "intelligents" et les autres comme normaux. Etait-ce vraiment un test pour dépister les enfants plus avancés que les autres ? Je l'ignore aujourd'hui, mais l'année suivante, au CP j'ai confirmé l'importance de ces tests.

 

Le premier jour, le professeur a demandé qui savait déjà lire, ce n'était pas mon cas, mais j'ai quand même levé le doigt, là encore je me souviens parfaitement de mon état d'esprit, l'envie de briller surement, ce besoin d'attention. A l'époque je ne faisais rien pour cacher mes capacités d'apprentissage, d'ailleurs je n'avais pas encore remarqué de différence. J'ignore quand tout à commencé, j'ai des souvenirs dans les classes suivantes ou forcément je suis assez dissipée, sage certes mais excessivement bavarde.

 

Quand est-ce que cela a commencé ? Le regard des gens qui changent, les professeurs qui ne savent plus quoi faire de moi, les adultes qui se méfient, l'isolation, les moqueries. Mes voisins de classe avaient fabriqué un petit panneau de sens interdit avec écrit "interdit aux Raven" (remplacez Raven par mon prénom bien sur). Sur le moment je ne comprenais pas cette attitude, des filles que je connaissais racontaient des mensonges à mon sujet même devant moi. J'ai commencé à être violente, pas la violence aveugle, j'attendais des prétextes qui me lavent de tout soupçons, je fus assez garçon manquée à cette époque et cela me convenait.

 

On pourrait croire que c'est le milieu scolaire qui a provoqué cela, mais même en colonie de vacances, alors que j'arrivais dans des chambres de 4/5 filles dont j'ignorais tout, je devenais forcément la bête noire, celle dont on se moquait, même si les raisons étaient risibles.

Je vous vois venir, qui sème le vent récolte la tempête, je devais forcément faire quelque chose pour cela. Forcément ? N'ais-je pas retourner la question dans ma tête un millier de fois à l'époque ?
J'avais une capacité inavouée, et totalement non assumée, celle d'avoir du charisme, celle d'attirer les gens, implicitement celle d'être surdouée, et les fortes têtes ne pouvaient pas encadrer ça. J'aurais du me battre pour cette position, mais c'était déjà trop tard. Ne comprenant pas ce qui se passait, je préférais ramper plus bas, me faire toute petite et au moindre éclat non désiré, j’en payais cher le prix.

 

Je suis devenue solitaire, discrète, les gens ont fini par me craindre, j'étais devenue "différente" des autres, le clou qui dépassait que ni enfants, ni parents ni professeurs n'avaient envie de s'embarrasser à comprendre. Comment je me voyais moi même ? Ni différente des autres, ni pire ni meilleure, je ne comprenais pas bien pourquoi j'étais l'étrangère, mais c'était le cas, et je m'étais résignée dans ce rôle. Mes parents n'en n'ont jamais rien su.
Quand à mes notes elles n'ont jamais brillées ni été catastrophiques, il faudra attendre l'apogée de mon ostracisme en CM2, sans personne a qui parler, j'ai enfin daigné regarder mes livres, j'ai dépassé toutes les espérances sans que cela ne me procure ni joie ni rien, cela me semblait aussi naturel et facile qu'avant.

 

En changeant d'école je n'espérais rien, le collège ne pouvait être qu'une réplique de mes années passées. Les seuls auquel je pensais en partant c'était les cuisinières et l'aide maternelle que j'avais pris l'habitude d'aider en faisant la vaisselle, en rangeant, bref en m'occupant le plus possible. La suite me donnera raison, mais c'est une roue vicieuse, en restant dans mon coin sans doute m'a-t-on pris pour une originale, puis les groupes de filles, les reines de classe ont eu pour jeu de m'avoir comme cible.

 

Mon esprit cynique et mon répondant, je le dois à des années de pratiques intensives :D

Je ne cherche surtout pas la pitié ou tout autre forme d'apitoiement, c'était ainsi, j'ai appris à ignorer le regard des autres, à vivre ma vie comme je l'entendais, à éviter de laisser mes sacs en cours aussi et à vérifier ma chaise avant de m'assoir ...

Malgré tout j'ai réussi a me faires des amies, des outcast comme moi, elles n'étaient pas dans ma classe mais ensemble nous avons vécu de très belles choses et aujourd'hui encore nous nous voyons.

 

Au collège je n'avais pas encore conscience de ce qui me rendait "différente" aux yeux des autres, en cinquième la principal a appelé mes parents pour savoir s'ils ne divorçaient pas, ce qui aurait pu être l'explication de mon mal être et de mon isolation des autres. Avec mes parents, à ce moment là nous avions une relation normale, mon père travaillait beaucoup, ma mère était très a cheval sur mes études.

 

Il faudra attendre la troisième, je me vois encore dans le salon a proclamer que je devais être un génie devant mes parents sur le ton de la plaisanterie. La raison de cette annonce ? Je venais enfin de remarquer que je comprenais plus vite que les autres, surtout en maths, les très bonnes notes pleuvaient et je n'avais que cette explication pour ça.
Bien sur on en a rigolé avec mes parents, et on ne l'a plus jamais mentionné.
Je dois appuyer sur le fait que cette année là a été une accalmie pour moi, je suis tombée sur une classe ou il y avait les fortes têtes de d’habitude, mais dans le sens cancre et non petites filles modèles. Du coup on me fichait la paix :D
Il faut croire que cela a eu un effet sur mes études.

 

Néanmoins je dois reconnaître une chose, les « bonnes notes » ne m’ont jamais paru comme satisfaisantes, je n’étais ni surprise ni rien, j’avais des bonnes notes comme des moins bonnes, je travaillais de manière égal. Je crois que tout cela me passait au dessus, je ne travaillais pas pour moi, je le faisais parce que c’était écrit dans le cahier, je ne m’appliquais pas à retenir, à apprendre. Je regrette cela aujourd’hui, de ne pas avoir compris à quoi tout cela servait, pour moi l’école ce n’était pas représentatif des études, mais d’un milieu social qui ne me convenait pas et dans lequel je devais survivre.

 

Je suis devenue une adolescente très indépendante, mes camarades de classe successifs ne me réservaient plus de surprise, je m’étais faite à l'idée que, où que j'aille, je deviendrais la tête de turc et avec le temps j'avais appris à me défendre autrement qu'avec la violence, mais mes mots faisaient bien plus mal. C'est à cette période que j'ai compris le poids des mots, l'importance de leur choix.

J'ai changé d'école, j'ai tout plaqué pour ainsi dire, l'année de mes 16 ans, j'ai décidé de vivre.

to be continued

Par Raven
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Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 23:21

Childhood-Reading1.png

Cela fait un an que j'ai arrêté de prendre un contraceptif, pour beaucoup ce serait la preuve que je souhaite avoir un enfant, mais j'ai un peu triché à ce sujet, je savais pertinemment que je ne pourrai pas tomber enceinte tout de suite, connaissant mon fonctionnement médical un peu particulier, cela ne pouvait pas être aussi simple.

Je sais au fond de moi, que pour avoir cet enfant, je dois le désirer et c'est là que les complications arrivent, ais-je envie d'un enfant ? J'ai une vision de ce dernier, une vision trop précise pour ne pas avoir une peur vertigineuse de ce qui se passerait s'il n'était pas conforme à mes désirs.
Je m'imagine cette petite fille, 6/7 ans, à qui je raconterai des histoires le soir, à qui j'apprendrai à regarder le ciel tel que je le vois, à qui je pourrai transmettre toutes ces choses qui font de ma vie un enchantement.

Mais elle n'existera peut être pas...

Je ne pense pas que le fait d'être surdoué soit génétique, de grands génies sont nés de parfaits inconnus, et comme je l'expliquai dans Le meilleur des mondes je crois plus en l'éducation que le reste. Aussi il y a de fortes chances pour que mes futurs enfants soient dans la moyenne, juste ce qu'il faut, ni trop, ni pas assez.
C'est très paradoxal comme désir je trouve, et bien qu'on parle souvent des "enfants surdoués" et de leur rapport avec leurs parents, on ne parle jamais des "surdoués parents", à croire que cela n'existe pas ou qu'on se désintéresse d'eux sitôt l'adolescence passée.

Moi je vais vous dire ce qui me trotte dans la tête, la peur viscéral qu'elle soit comme moi, et la peur viscéral qu'elle ne le soit pas. Je connais tous les travers à être surdoué, j'en connais aussi les bienfaits, et surtout, c'est ce que je suis, ce n'est pas un état que je peux mettre en veilleuse quand ça m'arrange, je vis avec et si mon enfant est dans la norme, pourra-t-il communiquer avec moi ?
J'entends d'ici les "bien sur" mais en êtes-vous si sure ? Est-ce que vous vous entendez bien avec vos propres parents ? Vous me direz, pas besoin d'avoir un problème de douance pour ça, les sujets d'engueulade sont nombreux, du choix de carrière aux petites amies.


Mais avoir un enfant qui ne comprend pas le monde, qui ne me comprendra pas, je pense que c'est une terreur justifiée. Tout autant qu'une profonde déception finalement, je n'ai pas envie d'un enfant, j'ai envie de transmettre mon savoir, mon histoire, envie de rendre le monde meilleur dans les yeux de cette personne.
Parfois quand je vois les adolescents d'aujourd'hui, j'ai un chouilla peur, mais bon, je suppose que c'est le choc des générations, les plus anciens voient toujours les plus jeunes comme trop superficiels.

 

Et puis d'un autre coté, le prix d'être surdoué est quand même bien élevé, ne dit on pas, "heureux sont les imbéciles" ? Même idiote je pense que je l'aimerai, néanmoins je vois bien comment je suis avec les gens dans la norme, je m'énerve facilement parce que tout est toujours plus lent avec eux que pour moi, je n'ai pas envie de faire subir ça à cette enfant. Je crains de ne pas être une bonne mère car les seuls images qui me viennent sont des copiés collés de films ou de romans, d'ailleurs je n'ai jamais été très à l'aise avec les bébés, je ne sais pas comment m'y prendre.

 

Ma mère qui ne voulait pas d'enfant m'a dit un jour que lorsqu'elle a prit mon frère ainé dans ses bras, elle a eut le déclic de cet amour irrationnel qu'ont les mères pour leurs enfants. Mais je sais qu'il y a des parents qui n'aiment pas leurs enfants, sans arriver à cet extrémité j'en suis pas loin actuellement.
Vous avez probablement remarqué, déjà je statut que ce sera une fille, je n'arrive pas à imaginer un garçon, tout comme je me vois les cheveux long avec une robe à fleurs dans une maison alors que je ne porte jamais de robe (et surtout pas à fleurs) et que je ne quitterai pas cet appartement.

 

Ce "rôle" que j'ai déjà appris au travers d'autres personnages de mon caméléonisme c'est comme s'il n'était pas compatible avec ma douance, comme si je devais régresser car il est défini pour être simple, une mère est douce, gentille, et ça c'est de l'instinct d'amour, chose que je ne possède pas.

 

Je vais avoir des enfants, c'est une certitude, on est deux dans ce bateau et l'autre partie est définitif sur ce point, mais je continue de me demander quel avenir cela nous apportera, tout m'apparaitra plus clair quand je verrai cet enfant je crois. En attendant je continue de rêver de cette petite fille, dans ses jolis habits roses, à qui je raconterai mille et une histoires, à qui je confierai mes rêves.

Par Raven - Publié dans : Au jour le Jour - Communauté : Persona
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Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 00:35

Atterrissage

Combien de fois me suis-je dit au cours de ces derniers mois, « tiens je devrais écrire sur ça ou ça » avant que l’idée ne s’échappe à nouveau vers un lointain avenir sans possibilité de retour.
Néanmoins si quelqu’un revient après une longue absence, ne lui faites pas la fête, traitez le comme un vieil ami qui se serait perdu et pour qui le temps n’a pas eu vraiment d’emprise,  une semaine, un mois, un an, tout cela est assez relatif finalement.

 

Il y a eut pas mal d’agitation sur les « gens intelligemment différent » ces derniers temps, assez pour avoir eu envie de me faire toute petite, mais j’ai trop besoin d’écrire pour m’en aller définitivement.
Ces derniers mois ont été d’autant plus difficile que j’avais un réel besoin de discuter avec quelqu’un et n’ayant personne, j’ai vraiment eu l’impression de me taper la tête contre un mur.
Bien que cette isolation est choisie dans mon cas, elle n’en demeure pas moins pesante, j’aspire parfois à des théories, des avancées dans mon domaine, j’ai soif de découverte sur mon fonctionnement, mais je n’ai personne à part ici pour partager.

 

Même avec la personne qui partage ma vie, bien qu’il soit le seul au courant, nous n’en parlons jamais, mais je pense que dans son cas c’est d’autant moins tangible qu’il a du mal à comprendre. On a tous cette image du surdoué et je m’efforce tellement de la faire disparaitre qu’il a vraiment des doutes sur le sujet en ce qui me concerne.
Je ne veux pas en parler, je ne veux pas que le regard des autres changent pour moi, je ne veux pas qu’on me croit prétentieuse, je n’ai pas envie de parler de mes aptitudes pour qu’on m’enferme dans un cirque de foire, je refuse qu’on me prenne en pitié, qu’on se dise que les choses sont « faciles » pour moi, qu’on me traite autrement qu’en être humain.

 

Les consultations coutent trop cher pour moi et c’est une dépense que j’estime trop superficiel alors que je peux m’en sortir seul, c’est juste une difficulté supplémentaire. Le plus horrible c’est que même en agissant le plus normalement du monde, je parviens encore à susciter ce soit disant charisme qui attire les gens comme des mouches. J’en parlais avec une connaissance, du fait que la simple tache ou parole chez moi provoque systématiquement l’admiration de tous.

Bien sur que c’est flatteur, mais ça reste « non normal », j’ai toujours eu des gens qui me prenaient pour model, parce que je me suis toujours donnée a fond dans tout ce que je faisais, parce que … parce que j’en sais rien … parce que je suis surdouée et donc quoique je fasse sera toujours auréolée de cette « réussite » ?

J’ai l’impression de sérieusement étouffer, ces dernières années je me suis rapprochée d’une communauté  sur internet, je suis montée tout en haut de la hiérarchie, des tas de gens m’adulent (et c’est vraiment peu de le dire) et je me sens de plus en plus mal à l’aise. Toujours cette impression de ne pas mériter cette reconnaissance, parce que pour moi, tout ce que j’ai fait, c’était « normal », j’ai agit purement dans mon intérêt, parce que le job me plaisait. Et comme d’habitude, je me suis tellement impliquée que me voilà reine de mon propre palais, c’est à mourir de rire.

 

J’ai la nausée rien que d’en parler.

 

OpenYourMind.jpg

J’ai envie de prendre contact avec un groupe, je pense me rapprocher de Mensa une fois encore, existe il un groupe de parole qui me conviendrait ? Un qui ne me juge pas parce que je ne suis pas une surdouée conventionnelle ? Cela peu paraitre bête, même parmi les surdoués j’ai peur de ce jugement. Il y aussi cette vieille peur qu’on se soit trompé sur mon compte, que je sois juste folle, normale et folle. Mais je ne m’abaisserai pas à dire que je manque de confiance en moi, je dois simplement avoir toutes les options en vue, c’est important de garder les pieds sur terre, de se remettre en question.

 

Je me suis demandée, comme toujours en cas de changement d’état d’âme important, si je n’avais pas copié les sentiments de quelqu’un de mon entourage. C’est vrai que mon mari ne va pas fort ces derniers mois, et l’un de mes très proches amies a perdu sa sœur.
Ce qui est embêtant avec moi c’est de toujours chercher à savoir si je vais réellement mal ou bien si j’ai capté ce « mal » de quelqu’un d’autre, auquel cas je dois simplement capter une autre émotion pour la faire disparaitre.
Dans tous les cas vous me direz, le résultat est le même, mais la première option est plus grave que la seconde.

 

Je suis un fauve en cage.

 

Pour relâcher la pression,  il y a quelques rares moments ou je lâche tout, un petit passage a l’état 0, ça fait du bien, mais obligé de me cacher, heureusement ces derniers temps cela si prête bien.

Faut que je me trouve quelque chose auquel me raccrocher, quelqu’un a qui parler de tout ça sans retenu, mais à moins d’un écran d’ordinateur, je ne pense pas arriver à faire confiance à ce point en quelqu’un.

 

Envie de me perdre dans une autre personnalité, je suis peut être fatiguée de celle-ci.

 

Ps : J’ai commencé le violon

Par Raven - Publié dans : Au jour le Jour - Communauté : Persona
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 21:22
Et bien et bien, non je ne vous avais pas abandonner, ou peut être que si ... ou bien ... non laissez tomber :D
Mais il n'empêche que les idées d'articles se sont accumulées au fil du temps et voici donc le premier qui, malheureusement est légèrement passé de date désormais: il s'agit de Secret Story

* Plus personne *

Revenez, vous n'allez pas me dire que vous ignorez qu'ils ont mis un surdoué dans l'émission cette année, d'ailleurs chose assez amusante, j'avais été approchée également, enfin je suppose qu'ils ont fait le tour du circuit pour trouver quelqu'un qui correspondait à l'image de l'emission.
En fait on va aller à des années lumière de Secret Story, c'est juste qu'en regardant l'émission le jour de son lancement je me suis dit "ça alors, il y a des surdoués partout" et s'en est suivie une discussion avec des amis sur le sujet.

Il faut savoir que ma meilleure amie sort avec un ingénieur, le genre un petit peu geek, fada de livres de science fiction dont le résumé contient plus de terme technique que le mode d'emploi de mon imprimante. Le genre de personne qui a obtenu une mention à son bac scientifique, a fait des études supérieures et qu'on pourrait radicalement coller sur son front une étiquette "je suis intelligent"
Et donc moi naturellement, étant surdouée, trouvant cette personne plus intelligente que moi ....
moi < surdoué < lui = Il est surdoué aussi !

Le choc, voilà qu'il rigole quand je déclare "mais heu t'es un peu surdoué sur les bord quand même"
et bien non ... non il est pas surdoué et le voilà entrain de m'expliquer qu'il joue pas dans la même catégorie, qu'il est même loin du compte, qu'il a juste bossé dur et qu'il est sérieux.

Je pense ne pas être la seule à imaginer toutes les personnes qu'on admire ou que l'on sent "supérieur" à soi, et bien sur ... surdoué, puisqu'on est sensé l'être. Du coup je tombe de haut, je prends soudainement conscience qu'il s'agit d'une rareté dont je fait partie.
Cette impression de "ils sont partout et surtout parmis mes relations" s'est effondrée comme un chateau de carte car bon sang, je n'y avais jamais pensé ! (comme quoi il y a un début à tout)

Quand je suis arrivée chez Mensa, je savais qu'ils ne prenaient que la tranche des 2% supérieurs, pour moi cela signifiait surtout 1 élève par classe environ, sauf que finalement quand on pense à cet élève ce n'est jamais nous. Dans mon cas en tout cas, cela n'a jamais été moi, aujourd'hui qui sont ils ? Sont ils surdoués ? Si on en croit les statistiques 90% des surdoués ont eu une scolarité dans la moyenne ou en dessous, donc non, ils n'en étaient probablement pas, juste des gens sérieux, soucieux de leurs études (ou des parents qui l'étaient pour eux).

Regardez autour de vous, il y a forcément des gens que l'on sent "intelligent" mais pas surdoué et on se sent encore plus seul, en fait, on se plaint des étiquettes, des préjugés sur les surdoués, mais on est les premiers à guetter ces signes ostensibles d'inteligence sur les autres. Nous qui savons mieux que quiconque qu'on se fond très bien dans la masse, qu'on est même plutôt le bouc emissaire ou la personne solitaire, on voit dans ceux qui réussissent les surdoués qu'on voudrait être.

La vie est étrange, mais quelque part, je suis contente que d'autres remplissent notre rôle et assument notre image à notre place, pour ma part je reste la serveuse, la secrétaire, l'assistante, celle qui lit closer dans le metro et préfère une bonne manucure aux résultats du dernier goncourt.

On est ce qu'on est, mais c'est amusant de voir qu'on se cherche quand même dans les autres.
Merci dont à Secret Story qui, a défaut d'être une émission pour moi, a permis de faire la lumière sur une évidence !

Bonne rentrée à tous
Par Raven - Publié dans : Au jour le Jour - Communauté : Persona
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 18:03
C’est curieux la vie, vendredi matin je commence un nouveau billet sur le travail sans trop de conviction, je décide donc d’aller faire un tour et je reviens avec un contrat en or d’un an, cette fois plus le choix, il faut que je raconte cette partie de ma vie. Le travail c’est sans doute le thème qui donne le plus de problème aux surdoués pour la simple et très bonne raison qu’on a des capacités, mais que celles-ci ne s’expriment jamais au boulot. On a donc l’impression de ne pas être utile, on tourne en rond, on veut avancer mais soit on ne nous en donne pas les moyens, soit on a peur d’être cataloguer comme vantard. Sans parler du problème du chômage, comment mettre en avant ses facultés qui nous sont propres et dont on est sur de pouvoir utiliser au maximum pour peu qu’on nous donne une chance ?

Quand j’étais petite, je voulais faire vétérinaire, c’est un métier qui rentre dans le Top10 des trucs que les mômes veulent faire, seulement voilà, à force de me dire « tu sais, c’est dur ! » « Il faut des années d’études, tu tiendras le coup ? », j’ai fini pas lâcher l’idée.
Entrée en terminale, j’avais une vague idée de mon futur, je me voyais dans la création de jeux vidéo, ou dans l’informatique, j’avais déjà plusieurs sites web et des idées pleins la tête, mais le destin en aura voulu autrement.
En sortant de mes deux ans d’IUT GEA (Gestion des Entreprises et Administration), je suis la gérante d’une librairie sur Internet, je m’installe dans un garage et pendant deux ans je vais découvrir les joies de l’entrepreneur, enfin surtout les dettes. Finalement ma société sera sous louée par une autre, je vais donc travailler chez eux pendant un certain temps, je finis par m’occuper de tout, je ne supportais plus leur façon archaïque de travailler ^^
Retour en arrière, un ami me propose d’écrire des articles dans un magazine, je suis encore sur la librairie, cela me permet d’avoir un peu d’argent de poche. Rapidement le projet d’un nouveau magazine arrive, on me nomme rédactrice en chef. Malheureusement quelques années plus tard le gérant écope d’une superbe amende de la part du FISC, on se retrouve tous à la rue.
Entretemps, la personne qui partage ma vie achète une brasserie, tout se passe bien jusqu’à la crise, je quitte donc le job dans l’entreprise qui loue ma librairie et j’endosse le tablier de serveuse/barmaid. Durant cette période de cinq ans, je décide de devenir Escort Girl, j’ai envie de rencontrer du monde, de voir une autre facette de Paris, cependant depuis mon déménagement je n’ai pas encore trouvé la possibilité de m’y remettre.

Je vous épargne les petits boulots qui ont agrémenté ces cinq dernières années, j’ai fait un peu de consulting, j’ai traduit, j’ai fait des sites web. Récemment on m’a donné un poste de modératrice pour un jeu vidéo en ligne. Cela fait deux ans que je tente de monter une société de traduction, j’en vois enfin le bout et j’ai même déjà des contrats. Quand je revois ces années en arrière, je me dis que je n’ai pas chômé lol, j’ai même endossé jusqu’à trois boulots à la fois et aujourd’hui … arrêt maladie, je ne fais plus rien pour le moment.

Sinon que dire de tout cela ? Ma vie n’est faite que d’opportunité ! On dit souvent que ce sont les contacts qui changent tout, c’est vrai, la majorité de mes job se sont trouvés par bouche à oreille, par rencontre, par croisement d’intérêt. Voilà comment vendredi j’ai retrouvé un travail sur un an, je suis allée voir un ami qui, curieusement, cherchait un responsable pour un projet de site web, on en a discuté, je faisais l’affaire et voilà. Personne ne sait que je suis une surdoués, je pense que c’est essentiellement mon aisance à l’oral qui m’a fait avoir tout cela, on dit d’un entretien d’embauche qu’il faut marquer les esprits. C’est horrible à dire mais je marque la plupart du temps, souvent pour mes idées et ma façon assez différente de percevoir le monde, on pourra dire que j’interpelle et je suis persuadée que cela aide énormément dans la recherche de travail.

Dernièrement j’ai indiqué sur mes CV que j’appartenais à Mensa, comme ça pour voir, mais je n’ai pas de retour conséquent (puisque je n’ai pas vraiment eu à chercher du travail dernièrement) j’ai juste posté mon cv sur un de ces sites genre cadremploi. Je ne pense pas que cela joue pour des postes autre que parisien, par contre beaucoup de recruteur internationaux y font attention, ce sont eux qui regardent le plus mon profil.
Je pense que je suis le genre casse pied pour tout entrepreneur, je veux toujours tout améliorer, j’ai toujours 20.000 idées pour changer les choses, je suis sur tous les projets, tous les évènements d’une société. Au final on me donne ma chance une fois… deux fois … puis je monte en grade et ça continue, vient alors la notion de « gâcher ».Si je reste dans mon coin, si on ne me donne pas l’opportunité de faire mieux, alors j’ai l’impression de gâcher mon temps, d’être inutile au final et ça c’est mortel à mes yeux, il faut que je sois importante sans quoi mon existence devient nulle. C’est la petite note sur la valeur que l’on se donne, j’ai beau en faire des tonnes, j’ai toujours l’impression de ne rien valoir, que le monde continue de tourner sans moi, c’est donc un combat de tous les jours pour me prouver le contraire. Je croule sous les projets, qu’ils soient professionnels ou personnels, les gens se demandent comment je fais, ben je fais rien, juste tourner mes méninges et m’engager toujours plus.

Elle est là ma facilité, je suis rapide, je réfléchis vite, j’ai le coté pile et face de chaque chose et pour peu que je veuille vraiment quelque chose, il me suffit d’adapter mon discours à la personne en face de moi. Je le fais peu souvent cela dit, je n’aime pas utiliser le fait de lire dans les gens comme un livre ouvert pour tout et n’importe quoi, c’est pourquoi je ne cherche pas de travail qui utiliserait cette capacité. Ce qui est paradoxal c’est qu’en ce moment j’ai des dettes et un petit manque à gagner, car en plus je ne fais quasiment jamais payer pour les services que je rends ou les travaux que j’effectue.J’ai un mal fou à accepter de l’argent, même s’il est mérité, c’est une conception de la vie qui me pose pas mal de problème lol il faut vraiment que je trouve un moyen de changer cela.

Je n’ai pas encore trouvé ma place, si jamais elle existe, mon rêve actuel serait de trouver le dirigeant d’une grand société internationale et de devenir sa secrétaire, en réfléchissant je pense que c’est le meilleur métier pour moi. Tout simplement parce qu’on sera alors obligé de se reposer sur moi, c’est le principe même de la secrétaire, c’est un rôle qui me plait, seconder quelqu’un, devenir son bras droit, la personne sur qui il/elle compte. J’ai également pensé à des tas de jobs dont personne ne veut parce que psychologiquement trop dur, j’ai cette force, autant qu’elle me serve, mais là encore je n’ai pas beaucoup réfléchit à la question. Alors truc très très bête, je suis caméléon, j’ai donc pensé au métier numéro 1 des caméléons, soit profiler, soit dans la police, malheureusement je me vois pas retomber sur les bancs de la fac, j’ai toujours pensé qu’on apprenait mieux sur le terrain.

Mais bon je ne cherche pas, j’attends l’opportunité … elle finit toujours pas arriver, et toujours au bon moment, quand on en a besoin ou envie, il suffit de se laisser porter par le vent.
Par Raven - Publié dans : Au jour le Jour - Communauté : Persona
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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 09:53

On me demande souvent de révéler mon QI, preuve irréfutable aux yeux des autres que l'on appartient bien au monde des surdoués, que tout ce que je fais est lu et approuvé par un cerveau performant et testé dans les règles de l'art.

Vous allez être déçu.

J'ai passé de nombreux test, un peu comme tout ceux qui s'intéressent au sujet d'ailleurs, mon tout premier a été sur Internet, il n'y a qu'à taper "QI" pour tomber sur des test plus ou moins valables qui vous sortiront une pseudo vérité implacable « vous en êtes ... ou pas » ?
Ensuite quand ces tests vous disent "ta place est ailleurs" on se demande s'ils n'ont pas raison, alors on décide d’en faire des plus poussés, plus « reconnus ». C'est comme ça que j'ai poussé les portes de Mensa, association dont les membres sont tous soumis d'entrée à un test d'intelligence. Si vous vous trouvez dans les 2% tirés vers le haut, vous gagnez le droit d'entrer et c'est précisément ce que j'ai fait en payant ma cotisation annuelle.

 

Petite parenthèse sur l’entrée de Mensa, il s’agit d’un test d’environ 2h30, vous êtes avec plusieurs personne comme un vieux contrôle de lycée, c’est toujours sympa de pas être seul dans ces moments là. Ensuite on vous distribue des feuillets qui comportent différents tests, pour ma part j’ai eu des suites logiques, des dominos, et un QCM de français. On les remplit dans des temps impartis avec une pause café pour ceux qui en boivent.
Quelques temps après, on ne vous donne pas un QI, mais un seuil d’admission qui doit correspondre à plus de 130 de QI (environ), vous devez donc être dans les 2% dans un des trois test et dans les 10% dans un des deux autres pour être admis.


Pour ma part, je peux vous dire que j'ai eu >2% et >2% en maths et logique et >10% en verbal. C'est curieux d'ailleurs car, et je l'ai souvent écrit, j'ai un très bon oral, je parle vraiment avec beaucoup de fluidité et de vocabulaire, je ne m'envoie pas des roses, c'est une des rares qualité que je reconnais chez moi, pourtant, à chaque test, c'est le verbal qui peine à être à la moyenne. En tout cas le jour où j’ai eu ces résultats, pour moi c’était simplement une terrible vérité qui était désormais écrite noir sur blanc.

On peut se contenter de ce résultat, Mensa ne donne pas de QI, donc si vous désirez avoir encore plus de précision il existe d’autres tests. J'ai donc passé le fameux test WAIS par la suite. Je trouve ça amusant, ils sont assez différents des uns et des autres, celui-ci par exemple donnera beaucoup plus d'informations psychologiques que les autres qui sont fixés sur les aptitudes. J’ai donc du recopier un dessin géométrique, jouer avec des cubes de couleurs, trouver le chaînon manquant dans des images … bref cette fois c’était beaucoup plus variés que le nez sur une feuille de papier.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, mon QI serait de .... Roulement de tambour ... 113
Ha oui tiens, je suis même pas dans la tranche "plus" je finis nonchalamment la courbe en fait.
Au secours, Raven nous a menti,  c'est une fille normale avec un sacré problème psychologique !
Heu oui mais non :) je voulais justement appuyé le fait que le QI ne fait pas tout, ne dit pas tout, et certains sont là à le balancer comme un trophée et à se l'accrocher comme une médaille. Le test de Mensa n'est pas a remettre en cause non plus (enfin si, si vous voulez mais pas à ce sujet)

En fait le test suggère que je suis ... sympathique (j’ai adoré quand on m’a dit ça) mais que je bloque la moitié de mes capacités lors du test de WAIS, je vais pas vous recopier les 6 pages de mon bilan psychologique (très bien fait d'ailleurs, à l'époque c'est devenu ma bible lol). Mais globalement le test exprime des facilités surprenantes freinées volontairement.
C’est là que je commence ma tirade sur le "plancage", ma peur immodérée de la différence et de la très très très difficile association d'idées moi + surdouée.
L'une de mes expressions favorites dans le bilan est "la valeur que se donne le sujet est nulle", Raven, la femme sans valeur, je suis contente de pas être complètement à coté de la plaque quand je réfléchis à mon cas 30s. Car avouons-le, c'est tout à fait ça.

Le QI donc... n'est vraiment pas une donnée fiable à mes yeux, seule une bonne analyse de ces tests en est une (et je ne dis pas ça parce que j’ai un peu planté le mien histoire de me donner de fausses excuses). Alors qui faut il croire, le test de Mensa ? Le WAIS ? Un autre ? Je pense qu'il faut faire sa tambouille à partir de tous les éléments qui vous sont donnés et ensuite vous pourrez vous faire votre propre idée. Pensiez vous vraiment pouvoir quantifier l'intelligence ? Si c'était le cas on aurait pas inventer tout une pléthore de test tous plus différents les uns que les autres.

Mensa me donne près de 130 ? Normal ... leurs tests sont basés sur des suites logiques, c'est précisément là où mon intelligence est la plus performante. Par contre, devoir dire ce qu'une tache d'encre nous inspire, je trouve ça déjà beaucoup plus difficile pour moi (j'ai du lutter pour ne pas répondre "ben heu, une tache ?")

Encore une fois, je ne remet pas en cause le principe de Mensa, c'est une association qui a pour vocation de réunir des gens qui ont un point commun (comme 90% des associations en gros), c'est un excellent début dans sa quête personnelle car ça ouvre de nombreuses perspectives et de nombreux contacts pour peu qu'on s'investisse.
Je ne pense pas que leur test soient "faux" c'est plutôt moi qui a plus influencé celui de Wais parce qu'il prenait en compte ma psychologie. Si on compare deux voitures, est-ce que celle qui va plus vite est gagnante ? Non, ce sera celle qui consommera moins, qui aura une meilleure tenue de route … l’homme n’est pas bien différent, je roule peut être plus vite, mais c’est sans doute tout (c’est déjà pas mal lol).

Au final j'avoue ne pas faire attention au QI, le mien ou celui des autres, je pense que les gens qui sont dans Mensa on tout a fait leur place, ce sont tous des gens qui ont, comme moi, une perception des choses assez différente sans pour autant aller dans mon sens. (Parfois j'avoue que je trouve certains débats futiles ou ennuyeux, sisi)
Mettre des cases partout n'a jamais fait de bien à personne, donc cessez de vous préoccuper du QI, intéressez vous plutôt a votre propre valeur (et c'est la nana sans valeur qui vous le dit) je pense que c'est s'ôter un poids, un stress quotidien.

Je tiens à préciser qu'échouer au test de Mensa ne veut pas dire que vous n'êtes pas un surdoué, ou que votre perception de vous-même est fausse. On n’est juste pas toujours maître de tous ses moyens lors des tests. Alors que cela ne ferme pas les portes de votre quête personnelle. Quand j'ai su que j'avais 113 de QI je ne me suis pas dit "mince j'avais faux sur toute la ligne" ça m'a au contraire confirmé dans ma différence (a mon grand dam)
Je ne dis pas que rater le test de Mensa ne m’aurait pas conforté dans « laisse tomber, tu es une demeurée qui a un gros problème », mais je n’aurai pas abandonné pour autant, j’avais la certitude de penser différemment, donc j’aurai fini chez un psy qui m’aurait probablement fait passer d’autres test etc …

L'intérêt n'est pas la fin du chemin, c'est le chemin :)

Par Raven - Publié dans : Au jour le Jour - Communauté : Persona
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 10:38

Mon blog a désormais un forum, il est ouvert depuis quelques temps, mais j'attendais mon beau header pour en faire la publicité. Il ne s'agit là que d'un complément au blog, en effet les gens se rencontrent au travers des commentaires, posent des questions et parfois discutent. Je voulais donc proposer un module d'échange plus adapté et sympathique.
De plus cela me permet d'ajouter des choses ludiques que je n'avais pas forcément envie d'écrire dans le blog, notamment tout ce qui concerne les vidéos, jeux, sites ...
Vous pourrez également mieux converser avec moi qu'avez le système de commentaire qui est créé à sens unique.

Pour l'instant je suis un peu seule dessus mais ne vous précipitez par pour combler le vide, je préfère que vous ayez vraiment envie :) je continuerai donc à poster ici et là des petites choses (voir même .... me répondre à moi même !)
Je sais que de nombreux forums existent et qu'il est plus aisé de se concentrer sur un seul.
Et puis s'inscrire c'est casse pied, y'a pleins de truc a remplir et tout (sisi c'est vrai, je sais)

Coté modération vous allez voir que je suis assez ... absente, je ne remet pas en cause la présence d'une modération sur des insultes, de la pub pour viagra ou l'apologie du suicide. Cependant je pense que chacun doit être maître de ses actes comme de ses mots. Je ne vais pas vous censurer pour divergence d'opinion, d'ailleurs j'aime assez ne pas être du même avis, c'est là que les esprits s'enrichissent.
Espace vide, espace à remplir et surtout espace libre dans le respect de chacun.

Vous verrez il n'y a pas beaucoup de catégorie 5, ainsi tous les thèmes sont abordables par tous et ne sont pas cloisonnés tous seuls dans leur coin, casser des murs ça fait toujours rapprocher les gens :)

a bientot donc ... ou pas, ou en survolant, le forum est en libre lecture par tous
le lien se trouve sur votre droite
Par Raven - Publié dans : Au jour le Jour - Communauté : Persona
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /Mars /2009 14:13

Hier je suis allée voir simultanément mon nouveau neveu et ma nouvelle nièce, deux tous petits êtres qui s'éveillent à la vie tandis que celle d'un de mes clients s'éteignait sur une autoroute lors d'une rupture d'anévrisme.
Non ne partez pas, je ne compte pas monologuer sur la vie et la mort :) en fait en voyant ces deux enfants je me suis dit qu'ils allaient grandir dans des environnements complètement différents, l'un aura probablement toutes les chances de son coté, et l'autre beaucoup moins.

C'est un constat, mon frère vit très aisément, c'est un artiste dans l'âme, on pourra largement l'embaucher dans une publicité pour le rêve américain si celui-ci existait encore. Je le soupçonne d'être un zèbre lui aussi, après tout il a toujours été d'une large intelligence dans tout ce qu'il a entrepris. Il est à l'écoute de son enfant, tente de le comprendre malgré ses quelques mois (oui encore un papa poule ^^).
De l'autre coté, ma belle sœur et son mari sont ... bien moins lotis, ils vivent chez les parents de celui-ci et font des enfants comme d'autres font des gâteaux. C'est leur deuxième et une fois encore ils n'avaient aucune idée du prénom quand la sage femme leur a demandé. Oui désolée pour moi c'est assez blessant, non pas d'hésiter encore, mais de juste n'y avoir jamais songé. C'est comme si l'enfant n'existait qu'une fois venu au monde, et là encore, ils ne s'en occupent pas, enfin pas vraiment, ils ont le statut de jouets, faut dire les parents sont de grands enfants incapables d'individualité (je précise ils ont près de 30 ans)

Là encore ce n'est pas une insulte, juste un constat, est-ce que ça fera des enfants malheureux pour autant ? Non probablement pas, tant qu'on les aime, mais je pense qu'ils ne pourront pas s'épanouir à leur rythme parce qu'un jour peut être leur pensée va dépasser celle de leurs parents. Ce sont des gens simples comme il en existe tant, gentils, mais qui n'ont aucune idée de qui est Mozart ou n'ont jamais vu un film l'Almodovar (heu moi non plus, mais c'est une autre histoire :D)

J'ai pris un exemple de gens simples face à un enfant qui sera, lui, normal, mais si on prend un cran au dessus, je pense surtout à la majorité des parents dans la norme qui ont un enfant surdoué, c'est quand même faire face à une sacré inconnue. D'un coté on ignore totalement comment son enfant fonctionne mais en plus on ignore ce qui est bon pour lui et ça ne devrait pas s'arranger en grandissant.
Il n'y a qu'à voir les forums de douance, les parents envahissent littéralement l'espace, autant d'appel à l'aide sur le "que faire ?" bon il y a également pas mal de psychose sur "mon enfant marche a 11 mois c'est un surdoué !!!".
Voilà donc un peu mon cheminement depuis hier, mon neveu n'a que 6 mois, qu'en sais-je s'il est surdoué je n'en suis pas a guetter le moindre signe, mais et s'il l'était ?
Je m'en fais pas trop pour lui car je pense que mon frère sera suffisamment à l'écoute pour suivre son rythme, mais cela doit être déroutant d'être complètement dépasser par son enfant et surtout, que faire de lui par rapport à l'école.

C'est quoi le meilleur des mondes pour un enfant surdoué ? Moi j'ai aimé mon enfance, j'ai aimé mon école même avec l'étiquette "monstre" collée sur mon siège au CE2 (sont précoces les mômes et je ne parle pas de moi lol), j'ai de beaux souvenirs, d'autres moins, comme tout le monde. Moi aussi on m'a puni par erreur, moi aussi j'ai dis '"j'te cause plus", moi aussi on m'a isolée parce que différente. C'est surmontable, peut être pas par tous cependant ...
Sur le moment je suis certaine d'avoir eu des moments très pénibles, mais je suis d'autant plus sur d'en avoir eu de merveilleux, et je pense sincèrement que si ma classe avait su que j'étais surdouée, j'me serais fait lyncher sur place.

Alors que faire ? C’est quoi au juste "faire au mieux pour l'enfant" ? C'est vraiment une phrase qui tombe dans le néant car personne n'a la réponse, personne ne sait vraiment ce qui est le mieux pour un enfant surdoué, lui même l'ignore lui plus souvent. J'ai un petit cousin qui est précoce, mais il refuse d'être enfermé entre quatre mur, faut il le forcer à apprendre à lire et à écrire sachant que ça va lui nuire d'une certaine façon ?

Trop de questions tuent la question :)
Je crois qu'il faut simplement arrêter de se prendre la tête, oui moi aussi j’ai eu envie d'une école spécialisée où tous ces enfants s'épanouissent tranquillement, à leur rythme, mais la marginalisation n'a jamais été une bonne chose, le choc du "retour à la réalité" sera probablement trop grand.
Le saut de classe ? J’en ai déjà vu, je n’aurai pas aimé être à leur place, déjà ils ont l'étiquette "surdoué" sur le front mais en plus on guette leurs résultats (prof et élèves), c'est une pression trop grande.

Le meilleur des mondes se trouvent dans la compréhension de la famille, dans l'acceptation de la différence comme une partie intégrante d'un tout et non d'une sorte de particularité qui représente l’enfant. « Surdoué » n’est qu’une manière de définir notre façon de penser, mais on peut être avant tout sportif, artiste, gentil … Il en va de même pour toute différence, que l'on soit d'origine différente, de religion différente, gros, grands, laids, rousse, avec un prénom étrange ou de culture différente. Faire sauter un enfant de classe, le mettre dans une école spécialisée, quelque part c’est graver en son fort intérieur qu’il est surdoué avant tout autre chose. Par contre je ne renie pas que ça peut en aider, mais avant que ses camarade ne le stigmatisent, il est inutile que ses parents le fassent.

Les enfants adoptent l'attitude des parents (et là je vous l'accorde il y a aussi des baffes qui se perdent) c'est à nous de donner à l'enfant les armes nécessaires pour que ça se passe bien.


J'ai hâte de voir grandir ces petits bébés, ils me battront peut être aux échecs, mais peu importe comment ils grandiront, ils pourront compter sur moi pour les aider et les supporter dans tous les choix que la vie les amèneront à prendre.
Vais-je les traiter différemment parce que l'un sera surdoué et l'autre non ? Oui bien sur, tout comme je vais les traiter différemment parce que l'un est un garçon et l'autre une fille.

Je n'ai pas dis qu'il faut noyer la différence dans la normalité, mais qu'il faut la traiter comme toutes les particularités d'un enfant, si votre enfant est passionné de science fiction vous allez lui offrir un livre de SF ou le dernier jouet spatial de Star Trek non ? Et bien votre enfant est surdoué, offrez lui un livre d'énigmes.
Mon souhait c'est que cette particularité devienne ordinaire, qu'on cesse d'en faire toute une montagne comme s'il s'agissait de la 7eme merveille du monde ou au contraire de la pire nouvelle. Mais j’ai bon espoir que la mondialisation contribue à mixer nos prochaines générations, à tel point qu’une différence en effacera bien une autre et nos enfants vont apprendre que ce sont ces particularités qui font la richesse des échanges.


Un jour on dira "Ne vous inquiétez pas, vous n’avez qu'un cancer" il en sera de même pour les parents « pas de soucis, il est juste surdoués » (oui la comparaison peut tomber un peu à plat lol mais j’ai bien aimé la publicité pour la lutte contre le cancer )

ps : Cela dit passant, je crois que les surdoués aiment bien leur monde à eux ou personne ne peut entrer :) ce petit coté élitiste qui pleure que personne ne peut les comprendre, dans beaucoup de surdoué se cache un martyre qui s'ignore lol

Par Raven - Publié dans : Au jour le Jour - Communauté : Persona
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